Plus de places en crèches: une nécessité pour tous!

Le 9 février, nous voterons sur les crèches. Alors que de nombreux parents se plaignent non seulement du peu de places offertes à leurs jeunes enfants à Genève (chaque année, il y a 2000 enfants sur liste d’attente), mais également du coût des structures (entre 10 et 80 francs par jour selon le salaire, soit un coût qui atteint 1600 frs par mois pour un couple dont le revenu dépasse 12′000 frs mensuels).

Que demande la loi ?

Plusieurs modifications auront lieu si la loi est acceptée. Deux d’entre elles font l’objet d’une contestation de la gauche : tout d’abord la nouvelle répartition du personnel qualifié (50% de personnel diplômé ; 30% de personnel titulaire ; 20% de personnel auxiliaire) ; deuxièmement la modification du taux d’encadrement – désormais, il faudra un adulte diplômé pour 10 enfants de 2 à 3 ans (au lieu de huit) et un adulte diplômé pour 13 enfants de plus de 3 ans (au lieu de 10).

Quels sont les arguments en faveur de la loi ?

Rappelons que la loi avait été votée à la majorité au Grand Conseil avant d’être attaquée par référendum par la gauche. Voyons donc quels arguments avance les opposants afin d’y apporter une réponse.

Si on accepte cette loi, les enfants en crèche bénéficieront d’un moins bon encadrement.

La modification du taux d’encadrement ne concerne que les adultes diplômés, c’est-à-dire ayant fait, à Genève, quatre ans d’études (ES) et les détenteurs d’un CFC, et non pas les auxiliaires et les stagiaires qui sont quotidiennement présents pour aider l’adulte diplômé. De plus, on peut rappeler que dans les pays qui nous entourent, les normes d’encadrement sont semblables : 1 adulte pour 10 à 15 enfants en France, 1 adulte pour 13 à 19 enfants en Belgique, 1 adulte pour 10 à 14 enfants en Allemagne. On peut également rappeler qu’après la crèche, ce seront 17 à 20 enfants qui seront encadrés par une seule enseignante à l’école primaire. La progression paraît dès lors raisonnable.

Cette loi n’est là que pour faire des économies sur le dos du personnel et de nos enfants.

Effectivement, cette loi va permettre des économies – même si ce n’est pas son seul but, loin de là. Ces économies sont bienvenues étant donné qu’à Genève, une place de crèche coûte 38′000 francs, contre 30′000 francs dans le canton de Vaud, par exemple ou 34′000 francs à Zurich, dont le niveau de vie est comparable à notre canton. En réduisant le coût des crèches, on encouragera les communes à se lancer dans la construction de nouvelles structures, qui font actuellement cruellement défaut.

Cette loi ne permettra pas la création de nouvelles places de crèches, étant donné que l’espace nécessaire par enfant (3 m2) n’est pas modifié.

Parfois non, mais parfois oui ! En effet, certaines crèches n’utilisent pas leur espace comme la loi le leur permettrait, par manque de personnel. Dans les crèches ayant encore une marge d’espace supplémentaire, il sera possible d’accueillir, dès l’entrée en vigueur de la loi, de nouveaux enfants.

Certes, la loi ne résoudra pas l’entièreté du problème des crèches (coût et manque de place), mais il s’agit d’un pas dans la bonne direction, dont il serait idiot de se priver ! Voilà pourquoi il faut voter OUI le 9 février !

Nadège Hirsch Salzmann