Interruption de grossesse: pas de marche arrière!

Hommes et femmes se mobilisent: les suisses sont-ils prêts à renoncer à un progrès majeur de la liberté accordée aux femmes sur leur corps et leur avenir en 2002? La population s’était alors prononcée à 72,2% en faveur du droit à l’avortement et de la prise en charge de cette intervention par l’assurance maladie de base. Indiscutable !

Qu’est-ce qui justifie l’initiative «Financer l’avortement est une affaire privée» que nous devrons voter le 9 février? Il y a les arguments fallacieux : économiser 0.03% des dépenses des assurances maladies et ne pas rembourser ce qui n’est pas une maladie. Et puis il y a la raison cachée : désavouer l’avortement pour favoriser les idées conservatrices de certains citoyens et mouvements politiques.

Facile de connaître les conséquences les plus graves d’une telle modification de la loi : les femmes les plus en difficulté se trouveront dans une situation délicate et devront avoir, dans un premier temps, recours à des méthodes dangereuses puis, dans un second temps, rencontreront des problèmes psychologiques qui coûteront chers aux assurances maladies. Les initiants souhaitent-ils réserver l’avortement aux personnes aisées?

Les chiffres sont éloquents: entre 1970 et 2012, le nombre d’avortements en Suisse est passé de 16′000 à 11′000 cas par année, soit un recul de 31%. La Suisse possède le taux le plus bas d’Europe avec 6.7 avortements pour 1000 femmes.

Quant aux financements pas l’assurance maladie, rien n’indique que chaque cas soit relayé auprès des assurances; en effet, nous savons que de nombreux avortements sont pris en charge individuellement. Les frais de grossesse (et qu’on ne me dise pas qu’il s’agit d’une maladie!) sont pour leur part remboursés!

Avorter n’est pas une mince affaire : chaque femme ayant recours à cette intervention connaît le poids de sa décision, nécessitant ensuite un long travail personnel.

Votons non le 9 février! Prouvons à tous que la Suisse n’est pas un pays rétrograde!

Sophie Dubuis
Membre du comité des Genevoises PLR et du CODIR PLR